On parle beaucoup, depuis quelques jours, de la situation de l’obésité en Polynésie française.

Et les chiffres sont effectivement alarmants : aujourd’hui, plus d’un adulte sur deux est concerné.

Mais la manière dont on raconte cette progression est essentielle. Parler de personnes qui « mangent trop », de « mauvaises habitudes » ou de la difficulté à « vouloir perdre du poids » ramener l’obésité à une question de comportements individuels et de volonté.

Pourtant, une question devrait immédiatement se poser : comment expliquer qu’en quelques décennies seulement, la situation ait évolué à ce point à l’échelle de toute une population ? Les individus auraient soudainement perdu leur volonté?

C’est plutôt leur environnement qui a profondément changé.

En quelques décennies, les systèmes alimentaires se sont transformés, avec notamment une place croissante des produits importés et transformés. Prix, disponibilité des aliments, marketing, précarité, urbanisation, évolution des modes de vie ou encore accès à l’activité physique : tout cela influence directement les choix que nous pouvons faire au quotidien.

C’est précisément pour cette raison que, depuis sa création, la Ligue nationale Contre l’Obésité insiste sur le rôle majeur des environnements obésogènes.

Parce que nos comportements ne se construisent jamais dans le vide. Nous faisons des choix dans un environnement économique, alimentaire, social et culturel qui peut les faciliter… ou au contraire les rendre beaucoup plus difficiles.
Lutter contre l’obésité ne peut donc pas consister à demander aux personnes de modifier leurs habitudes.

Il faut également agir sur ce qui les entoure.

Alors oui, une prévalence de 51 % doit nous alerter. Mais elle doit surtout nous pousser collectivement à dépasser une lecture centrée sur la responsabilité individuelle.

Quand plus d’un adulte sur deux est concerné, ce n’est plus seulement l’individu qu’il faut interroger. C’est aussi l’environnement dans lequel il vit.